Array ( [lang] => fr [alias] => vulnerabilite-au-changement-climatique ) Vulnérabilité au changement climatique

Vulnérabilité au changement climatique

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Dans la région arabe, le changement climatique est une problématique d’une grande urgence. La majorité des pays arabes sont déjà assujettis à la pénurie d'eau en raison de leur climat aride et semi-aride, la croissance rapide de la population et la forte urbanisation, l’énorme utilisation de l'eau dans l'agriculture, etc. Par conséquent, le changement climatique ne fait qu’accentuer la rareté de l'eau et rend cette ressource encore plus difficile à gérer. Les impacts du changement climatique sont très visibles dans la région ; les paramètres de température et des précipitations ayant variés et les phénomènes extrêmes sont devenus plus fréquents. Étant donné que les ressources en eau de la région sont faibles, le changement climatique les rend encore plus vulnérables. Lire plus

Il est prévu que la région arabe connaisse une augmentation de 2°C dans sa température au cours des deux prochaines décennies et de quatre degrés d'ici 2100 . Le Conseil arabe de l'eau suppose une baisse des précipitations allant jusqu'à 25% en 2060 et une diminution de l'humidité du sol diminue de 10% en raison de l'évaporation sévère, résultant en la productivité agricole qui va diminuer et la sécurité alimentaire qui sera à risque. En fait, la plupart des pays ont déjà vu leur température augmenter au cours des dernières années ; pour une région qui se caractérise par une température élevée, une augmentation de 2°C n’est pas chose ordinaire. Parallèlement à la baisse des précipitations générale, l'augmentation de la température induira des épisodes irréguliers de sécheresse, caractérisés par une gravité, une magnitude et une durée importante.

Néanmoins, le changement climatique provoque des inondations catastrophiques en affectant l'ensemble du cycle hydrologique. En Algérie, la pluviométrie a diminué de 10-35% depuis 1965  qui, accouplée à la demande croissante de l'eau (pour l'irrigation et pour l'usage domestique), a engendré une baisse au niveau des nappes phréatiques ce qui rend leur régénération très faible et difficile. En Arabie Saoudite et le long du fleuve du Nil, des inondations et des glissements de terrain graves ont été observés au cours des dernières années. Une diminution du débit de la rivière est également à hauteur de 20% dans l'Euphrate et de 23% dans le Jourdain . De plus, l’alimentation des nappes souterraines connaitrait une diminution d'ici 2100, estimée entre 20% et 30% en Jordanie.

En outre, le changement climatique affecte la sécurité alimentaire. L'eau est une ressource rare au niveau de cette région et le changement climatique intensifie cette rareté. Par conséquent, l’agriculture fera face à une demande accrue due à l’évapotranspiration et aux insuffisances en approvisionnement d’eau. Ceci aura une incidence immédiate sur la production des produits de base tels que le blé et le maïs qui sont importés. Il est en particulier le cas de l'Egypte qui devra faire face à un risque élevé de sécurité alimentaire étant donné que la part en eau par habitant est estimée à 582m3 en 2025  ; un chiffre reflétant la rareté des ressources en eau en Egypte.
Les ressources en eau représentent les atouts les plus vulnérables de la région arabe et avec la multiplication des impacts du changement climatique, des mesures d'adaptation importantes devraient être mises en place pour faire face à la pénurie d'eau et le changement climatique.
Le tableau suivant présente les principaux résultats sur la vulnérabilité des ressources en eau et les projections des impacts dans chaque pays arabe tel que présenté dans leurs communications nationales (NC) au titre de la CCNUCC.

 


La vulnérabilité et l'impact prévu du changement climatique sur les ressources en eau dans les pays arabes

Algérie (SNC, 2010)

  • Le pays fera face à une baisse générale de pluviométrie, allant de 600 mm à 100-400 mm ;
  • Le stockage des eaux souterraines diminuera d'ici 2050, de 70hm3 à 2.3hm3. Il est également prévu que les eaux souterraines soient entièrement exploitées entre les années 2031 et 2040 en raison de la haute demande en eau et le faible stockage ;
  • Le changement climatique va également affecter le ruissellement. En 2050, le ruissellement diminuera d'environ 4,5 hm3 ;
  • La demande en eau (pour l'usage domestique et l'agriculture) augmentera entre les années 2006 et 2050. L'eau distribuée devrait atteindre 55 millions de m3.

Bahrain (SNC, 2012)

  • Les eaux souterraines constituent la ressource en eau la plus touchée par le changement climatique ;
  • Le changement climatique provoquera des températures supérieures annuelles qui conduiront à des niveaux plus élevés d'utilisation des eaux souterraines dans le secteur de l'agriculture et pour l'usage domestique ;
  • L’élévation du niveau de mer affectera majoritairement les caractéristiques des eaux souterraines : l’intrusion de l’eau de mer s’est produite et a conduit à la dégradation de la qualité des eaux souterraines.

Comores (SNC, 2015)

  • La majorité des écoulements d’eau connaissent un assèchement pendant la saison sèche et la sécheresse s’est aggravée dans la plupart des îles ;
  • Les aquifères souterrains n’ont pas été alimentés au cours de l'année 2011.

Djibouti (SNC, 2014)

  • En 2050, les précipitations diminueront de 4,4 à 11% ;
  • La température va augmenter de 1,7 à 2,1°C ;
  • Les volumes d'eau diminueront d'ici 2050, l'évapotranspiration va augmenter et le ruissellement va baisser ;
  • Les aquifères souterrains dépendent surtout de la pluie pour leur reconstitution. Avec une diminution des pluies, le stockage de l'eau souterraine passera de 11 625 000 m3 par an à 10 348 000 m3 par an pour l'aquifère Djibouti ; le stockage de l'aquifère Mouloud-Dadin va diminuer de 2 515 694 m3 par an et atteindra 2 238 968 m3 par an ;
  • Les impacts de a pénurie d'eau et des changements climatiques contribuent également à la désertification.

Egypte (SNC, 2014)

  • En Egypte, la ressource la plus vulnérable au changement climatique est le fleuve du Nil. Il est très sensible aux changements des précipitations et de la variabilité de la température. Sur la base de l’analyse de sensibilité du débit du Nil, il a été montré qu’avec 4°C de réchauffement et 20% de diminution des précipitations, les débits du Nil peuvent diminuer de 98%. Ces taux de diminution au niveau des écoulements du Nil vont limiter la capacité de l’économie à s’adapter aux activités de développement notamment l’agriculture.
  • L'élévation du niveau de la mer affectera les aquifères souterraines dans le delta du Nil. L’augmentation de la salinité conduira à la dégradation de leur qualité, rendant ces aquifères inutilisables.

Iraq

  • La Communication Nationale n’est pas disponible sur le site de la CCNUCC.

Jordan (TNC, 2014)

  • En Jordanie, le principal danger climatique sur les ressources en eau est l'augmentation de la température. Ce dernier va induire une augmentation de l'évaporation, et par conséquent, la réduction de l’alimentation des nappes souterraines et des débits d’eau ». Les précipitations devraient diminuer, ce qui conduira à la baisse du niveau des eaux souterraines et la détérioration de leur qualité. En outre, les sécheresses se produisent souvent et provoquent une énorme augmentation de la demande en eau.

Kuwait (INC, 2012)

  • L'évaluation de la vulnérabilité a concerné uniquement la consommation de l’eau par le secteur domestique.
  • Les scénarios ont montré que la consommation d'eau domestique augmentera de 5%, pour atteindre 1260 millions de m3.

Liban (SNC, 2012)

  • À la fin du siècle, les précipitations devraient diminuer de 120 mm à Beyrouth, 390 mm dans DAHER-El-Baydar, et 242 mm à Zahleh ;
  • Les ressources en eau renouvelables disponibles par habitant diminueront de 6 à 8% ;
  • L’augmentation de la température de 2% d'ici 2100 va induire un impact considérable sur la largeur de la neige, sa densité et son volume. Cette augmentation entraînera une diminution de 50% de la largeur de la neige.

Libye

  • La Communication Nationale n’est pas disponible sur le site de la CCNUCC.

Mauritanie (TNC, 2015)

Les ressources en eau sont affectées par le changement climatique et diminueront de façon significative (10 à 15%). Ceci induira :

  •  Une réduction du ruissellement de 10% entre 2000 et 2020 ;
  • Une évaporation accrue et une détérioration de la qualité de l'eau ;
  • Une réduction de la salinité de l'eau dans les zones côtières ;
  • Une baisse de la capacité de stockage des barrages ;
  • Des eaux de surfaces plus chaudes avec moins d'oxygène.

Maroc(TNC, 2016)

Les projections calculées ont montré que l'eau par habitant connaitra une baisse importante entre 2020 et 2050, estimé à 491m3 par habitant par an en 2050 et 279 m3 en 2080.

Il est également prévu que le changement climatique entrainera :

  •  Une augmentation de la demande en eau d'irrigation en raison de la température et de l'augmentation de l'évapotranspiration ;

  • Une diminution de la capacité de stockage des barrages ;

  • Une diminution des niveaux des eaux souterraines ;

  • L’intrusion d'eau salée dans les aquifères d'eau souterraine ;

  • La détérioration de la qualité de l'eau de surface en raison d'eaux usées jetées dans les lacs.

Oman (INC, 2013)

  • Une diminution des précipitations d’environ 40% est prévue, passant de 50 à 100 mm à 20-40 mm. Ceci se reflétera par la diminution de l’alimentation des débits des eaux de surface et des eaux souterraines.

Qatar (INC, 2011)

Les conditions climatiques actuelles auront deux principaux effets:

  •  L’augmentation de la désertification ;
  • La croissance de la demande en eau. Comme la plupart des besoins en eau sont couverts par le dessalement, le besoin énergétique augmentera aussi.

Arabie Saoudite(SNC, 2011)

  • La température connaitra une augmentation de 5 à 6%;
  • Les précipitations connaitront des variations à travers tout le royaume à la fin du siècle.
La communication nationale présente essentiellement les politiques relatives à l'adaptation au changement climatique.

Somalie

  • La Communication Nationale n’est pas disponible sur le site de la CCNUCC.

Soudan (SNC, 2013)

  • La demande en eau augmentera d'ici l'an 2050 alors que les débits fluviaux du Nil vont baisser ;

  • Le stockage de l'eau deviendra insuffisant pour répondre à la forte demande et les réservoirs seront complètement vidés.

Syrie (INC, 2010)

  •  En Syrie, la part en eau par habitant devrait baisser de 1 000 m3 à 500 m3 en 2025 ;

  • Les bassins des eaux souterraines connaitront des déficits, accentués par le changement climatique ;

  • L’augmentation de la température induira la fonte des neiges, ce qui aura une incidence sur l'Euphrate et le fleuve du Tigre. Des impacts seront également ressentis au niveau des quantités d’eau stockées dans les barrages.

Tunisiae (SNC, 2014)

  • It is expected that groundwater resources will decrease by 28% by the year 2030 due to seawater intrusion ;
  • Water surface will have decreased by 5% by 2030.

UAE (TNC, 2013)

  • La communication Nationale a uniquement présenté la méthodologie d'évaluation de la vulnérabilité.

Palestinian Territories

  • La Communication Nationale n’est pas disponible sur le site de la CCNUCC.

Yemen (SNC, 2013)

  • Le Yémen connaitra une augmentation de la température ;

  • En ce qui concerne les précipitations, les résultats des scénarios ont montré que les précipitations diminueront de 23% et 27% dans les zones montagneuses et côtières respectivement selon un scénario. Cependant, un autre scénario a prévu une augmentation des précipitations de 5% et 9% dans les domaines précités, respectivement ;

  • En général, la disponibilité en eau est extrêmement sensible aux changements projetés de la température et de précipitations ;

  • Le stockage des eaux souterraines est pratiquement stable avec environ 1 à 2 cm d'abaissement du niveau des eaux souterraines.